Gilles Côtes auteur

FINALISTE, PRIX DES UNIVERS PARALLÈLES 2019,                                    Roman ado, Édition du Phoenix

2099, Le frère robotisé

Sommaire

 

 À l’aube du 22e siècle, les humains ont entrepris de reconstruire leur planète malmenée par les conflits mondiaux et les catastrophes naturelles. L’école est virtuelle, les crânes sont chauves et les tatouages animés. La révolution de la robotique bat son plein et Darwin est en pleine crise d’adolescence. Il n’a d’yeux que pour sa meilleure amie Cléopâtre et il se cabre devant la folle idée de sa mère de lui imposer un nouveau frère robotisé. Sous l’emprise de ses émotions, il s’appliquera à désamorcer ce projet. Mais la pollution, les animaux mutants, le trafic illégal de sucreries et la tribu des Têtes Courbées orienteront son plan dans une direction inattendue. 

 

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Chapitre 1

— En quelle année le sucre a-t-il été interdit ?

 

 Le professeur Bryan lève les sourcils. Sa voix manque d’aplomb, et il doit s’efforcer pour rester concentré. Il examine les cahiers suspendus dans l’espace au-dessus de chaque élève. Il surveille les tentatives de chacun pour trouver l’information sur l’Hypernet. Sa classe est virtuelle et peut être disposée selon son bon vouloir. Malgré les possibilités infinies que lui procure la réalité virtuelle, il regrette le temps des polyvalentes encombrées et des salles de cours, avec de vraies portes et des pupitres branlants. Depuis trente ans, il enseigne à des enfants, dont l'image a été numérisée, qui évoluent dans une classe qui peut être configurée à sa manière. 

 

 Il a choisi pour thème, aujourd’hui, l’organisation spatiale d’une raffinerie de sucre. Tous ses élèves ont revêtu, à sa demande, des vêtements de travail et des casques de sécurité, suivant la mode de différentes époques. Ils ont dû explorer l’immense bâtiment, en retraçant les étapes de la production du sucre. La règle est simple : découvrir la faille que le professeur a sciemment insérée dans le processus de fabrication. Tous se sont prêtés au jeu et ont parcouru les étages en respectant le temps alloué. Maintenant qu’ils sont regroupés dans la section « Emballage et étiquetage », l’enseignant répète la question. 

 

 Les cahiers s’illuminent un à un. On peut y lire ce que l’élève inscrit par commande cérébrale.

 

— En 2050. Bravo! Cela fait donc quarante-neuf ans que persiste cette interdiction. 

 

 Darwin, Eiffel et Cléopâtre échangent un regard entendu. Ils savent qu’un trafic illégal s’est développé par la suite. On troque maintenant des friandises de contrebande, bourrées de sucre, contre du temps de navigation sur l’Hypernet.

 

— Je vois que vous avez tous trouvé l’erreur dans le procédé de fabrication : il manquait l’étape de l’évaporation. Après avoir coupé la canne à sucre en petits morceaux et l’avoir concassée, on doit en retirer la partie liquide avant de poursuivre le raffinage. Cela vaudra une bonne note pour tout le monde ! À présent, dites-moi quel pays a imposé pour la première fois une restriction concernant cet aliment, mais sans utiliser de références?

 

Darwin lève le bras, au lieu d’employer la fonction scintillante de son cahier. Il sait que le professeur apprécie cette ancienne façon de procéder.

 

— Les États-Unis, parce que tout le monde était trop gros. 

 

 Une vague de rires se propage dans la classe. 


— C’est un peu bref comme explication. 

— Moi, je sais ! déclare Cléopâtre, en agitant la main. 

— Voyons voir… 

— C’est à cause des changements climatiques. Les champs de culture ont été transformés en déserts. La canne à sucre, tout comme le blé, le maïs et plusieurs autres sortes de céréales, est devenue rare. 

— C’est très bien, Cléopâtre ! 

— Et maintenant, seuls les plus riches qui habitent dans la Couronne terrienne peuvent s’en procurer, ajoute Darwin avec assurance. 

— Tu as raison, Darwin. Depuis la mise en place de ce sixième continent en orbite autour de la planète, notre régime alimentaire a été bouleversé. Tout est hors de prix, et il a fallu se tourner vers les insectes, les algues et le plancton. Ta réponse est claire, à un détail près. De nos jours, le sucre constitue un lucratif commerce illégal, duquel profitent quelques petits malins.

 

Eiffel sent son image se brouiller légèrement. Il sait que les grandes émotions influent sur la cohésion moléculaire du système de transmission virtuelle. La remarque lui est destinée, car il s’adonne à ce trafic depuis quelque temps. Le professeur n’insiste pas. Il se montre satisfait de son intervention. Il aime que ses élèves développent un esprit critique face aux transformations survenues sur la Terre. D’habitude, il rajoute des informations, des anecdotes et des souvenirs pour appuyer son propos. Mais ce matin, le manque d’enthousiasme de l’enseignant est flagrant. Il gesticule moins, et sa voix s’éteint par moments. Il aborde une autre question, puis il s’arrête au beau milieu de la phrase. Il sait qu’il n’a d’autre choix que de les informer.


Le professeur a beaucoup d’affection pour Darwin et ses deux amis. Il sait apprécier leur intelligence et leur vivacité d’esprit, mais par-dessus tout, il admire leur capacité à remettre en question les idées reçues. Ils vont lui manquer, ainsi que tous les autres : les Confucius, Pythagore, Néfertiti, Einstein, Chaplin et Charlemagne. Le professeur Bryan aime croire que tous ces adolescents aux prénoms célèbres, qu’une mode nostalgique de fin de siècle a généralisés, deviendront aussi importants que ces personnages historiques.

 

— Fermez vos cahiers et débranchez vos puces de liaison à Hypernet.

  

Les élèves obéissent, car cette demande leur est familière. Souvent, leur professeur préfère qu’ils se servent de leur cerveau, sans l’aide des ordinateurs. Chacun porte la main à son oreille et presse la minuscule sphère qui y est accrochée. Celle-ci met en lien leurs neurones, leur cahier de travail, le programme scolaire et l’infinité de références contenues sur l’Hypernet. Elle est utilisable indépendamment de la réalité virtuelle. Papiers, crayons et livres sont devenus désuets depuis 2069.

 

Les adolescents sont réunis virtuellement, mais seul le professeur a quitté sa maison pour se rendre au Centre énergétique d’enseignement. À cet endroit sont canalisées les milliards de transmissions numériques nécessaires pour recréer à la perfection l’ambiance propice à l’apprentissage. L’enseignant se trouve dans un local de réception virtuelle, à l’intérieur duquel il peut contrôler à sa guise toutes les variables de l’environnement. L’apparence des personnes ne peut être modifiée. Chacun s’habille comme il l’entend, à moins qu’une directive particulière ne soit émise pour le déroulement du cours. Seul l’univers ludique permet l’utilisation d’avatars bizarroïdes.


— Merci. J’ai besoin de toute votre attention. J’ai une nouvelle à vous annoncer.

 

Le professeur se racle la gorge et parcourt son groupe d’un regard accablé. Il souhaiterait, à cet instant précis, avoir en face de lui des adolescents en chair et en os. Il devra pourtant se contenter des images de synthèse que lui transmettent les superordinateurs. Cette façon de travailler ne lui a jamais plu. Même si les jeunes ont l’air aussi vrais que nature, il sait que chacun est assis chez soi dans une pièce à propulsion virtuelle et que seuls leurs doubles se dressent devant ses yeux.

 

— Trois groupes du niveau huit ans de scolarité, dont le vôtre, ont été choisis pour participer à une expérience. 


Quelques élèves, enthousiastes, poussent une exclamation de joie. Une vague de murmures envahit le groupe. D’habitude, les projets annoncés par le professeur Bryan sont emballants et prisés de tous. Qui n’a pas apprécié la visite à l’antique musée de la Civilisation ? Un lieu patrimonial, protégé des pilleurs et conservé dans son état d’origine. Une journée mémorable à déambuler dans de grandes salles qui sentaient le moisi et le renfermé, avec pour guide monsieur Bryan, déguisé en gardien de sécurité. Aucun élève n’a oublié le plaisir de se chamailler, de se pousser gentiment, de manger en groupe en partageant leur nourriture, de toucher des sculptures ou des boiseries, d’admirer les peintures, ou encore d’utiliser les anciens écrans tactiles. Cette sortie en milieu naturel avait des allures d’expédition archéologique.


La plupart des enseignants préfèrent le virtuel pour ce genre d’activité, car obtenir les autorisations nécessaires équivaut à entrer dans un infernal labyrinthe administratif. De plus, un conflit mondial majeur, une série de catastrophes naturelles et la pollution atmosphérique ont accéléré la destruction des villes et réduit à néant la qualité de l’air. Sans compter les vastes chantiers de reconstruction confiés à des robots, qui rendent les déplacements difficiles. 

Le Don de Béatrice
tome2 Le Songe du Rêveur

217 pages

www.editpaix.com


"Du fait du style enlevé de l’auteur, de la personnalité extraordinaire et bien trempée de la jeune protagoniste, ce roman nous entraîne allègrement dans la course folle de Béatrice. La narration très alerte comblera en effet les attentes en matière d’aventures, de rebondissements et de suspense, les lecteurs âgés de 9 ans et plus. C’est en outre une fable divertissante sur la tolérance et l’acceptation de soi qu’offre Gilles Côtes en signant ce deuxième tome.
Vivement le prochain !"

Ricochet-jeunes.org

2011

Le don de Béatrice
 Tome 1

 

Édition de la Paix, coll Passeport, 2010,

243 pages.

www.editpaix.com

"...Ce roman jeunesse est très bien écrit..., les aventures que vit Béatrice nous tiennent en haleine tout le long du premier tome, dont j'attends la suite avec impatience."

Pause lecture, 2010

www.pauselecture.net

La révolte de Gaïa
Le don de Béatrice tome 3

Éditions de la Paix,

2013 

272 pages

Coeur Académie

Une histoire d'amour... rigolote.

Édition du Phoenix, coll. ado, 2007,

100 pages

"... Ce contexte permet à l'auteur d'intégrer brillamment une adaptation de Cyrano de bergerac."

Lurelu, 2008

La pierre tombée du ciel

« Trouver un météorite dans sa cour n’est pas banal. Si petit soit-il, il est tout de même venu du ciel. Zac y verra une occasion de briser la monotonie de son existence et de rechercher la signification de ce rarissime évènement.»

www.ventsdouest.ca

Le violon dingue

Mon préféré, sur un air de violon.

Édition de la Paix, coll. 9/12, 2003, 138 pages

" La scène où la petite Marie-Pierre, malicieux personnage exquis, se met en tête de réparer l'instrument en lui appliquant toutes sortes de remèdes loufoques en est une des plus drôles que j'aie lues en littérature jeunesse."

Lurelu, 2004

OGM et "chant" de maïs

Pour ne plus voir les champs de maïs de la même façon !

Édition de la Paix, coll. 9/12, 2004, 134 pages

" L'utilisation de termes anglais usuels ajoute au texte déjà fort riche sur le plan du vocabulaire.  Cette composante, rarement exploitée en littérature jeunesse, plaira certainement aux jeunes."

Lurelu, 2005

Fantôme cherche logis

"C'est un roman qui met un peu de lumière sur le drame que vit plusieurs familles, ce fantôme est celui de la dépression d'un proche. L'auteur désire sensibiliser son lectorat à cette réalité afin d'aider les gens à déceler les indices de détresse de leurs proches. Le parallèle avec le fantôme est bien amené et nous permet de mieux comprendre l'impact de ce mal sur la personne touchée et son entourage."

www.pause lecture.net

2012

Sorcier aux trousses

Une histoire d'hiver qui se déroule en Haute-Mauricie.

Édition de La Paix, coll. 9/12, 2002,

Libérez les fantômes

Mon premier titre !

Édition de La Paix, coll. 9/12, 2001,

116 pages

Ce roman possède un humour contagieux et l'histoire nous captive du début à la fin.  L'écriture simple et drôle saura plaire à tous les genres de lecteurs..."

LivrePlus, livreplus.com, 2002

Journal d'un extraterrestre

Un roman traitant de différence extrême et de relation d'aide. Une histoire où la ténacité d'une éducatrice spécialisée permettra à un adolescent multihandicapé de garder contact avec la réalité qui l'entoure et qui ne cesse de transformer son corps. 

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